Chapitre second

Saint Benoît…

Père du monachisme occidental

« Écoute, ô mon fils, les instructions du Maître,
et prête l'oreille de ton cœur. »

Règle de Saint Benoît — Prologue

Saint Benoît

Benoît, né vers 480 au nord de Rome, est envoyé à 15 ans par son père suivre ses humanités dans la capitale de l'Empire. Esprit intérieur attiré par Dieu, il est vite dégoûté par le relâchement des mœurs qui règne dans cette cité cosmopolite et se rend vite compte que la science ne répond pas à sa soif d'amour.

Il se retire alors dans la solitude pour y vivre en ermite tout occupé à chercher Dieu. Il est bientôt rejoint par d'autres hommes en quête eux aussi du sens de la vie.

De son expérience, Benoît retire une profonde sagesse qui l'amène à composer une règle de vie pour les moines vivant en communauté. Cette règle, datant de 1500 ans, est tellement équilibrée et touche si profondément l'essentiel d'une vie d'homme, qu'elle inspire toujours les monastères bénédictins d'hommes et de femmes. Benoît meurt dans la première moitié du VIe siècle.

Portrait de Saint Benoît
San Benedetto da Norcia

« Chercher véritablement Dieu »

Règle de saint Benoît, ch. 58

« Ora et Labora »

La devise bénédictine

La journée du moine

Saint Benoît se plaît à décrire le monastère comme une « École du service du Seigneur »… Dans un établissement scolaire, l'emploi du temps d'un élève est partagé entre les enseignements et les travaux pratiques. Ainsi en est-il de la journée du moine.

La lecture, pilier de la vie bénédictine

La Règle

La Règle de Saint Benoît est un texte court — 73 chapitres qui tiennent dans la main. Mais sa profondeur est immense. Elle organise tout : le rythme de la prière, l'accueil des hôtes, le travail des mains, l'humilité, l'obéissance.

Depuis quinze siècles, des communautés du monde entier vivent selon cette Règle. Elle est notre boussole quotidienne.

L'intérieur de la chapelle

« Que tous les hôtes qui surviennent
soient reçus comme le Christ. »

Règle de Saint Benoît — Chapitre 53

De cette source ancienne jaillit une histoire bien vivante…

Qui est le Père Emmanuel ?

Un homme passionné de Dieu, qui voulait transmettre sa passion au monde entier. Son rêve missionnaire ne l'a pourtant pas conduit sur les mers et les océans vers des peuples lointains, mais l'a enraciné dans sa terre natale, les plateaux de l'Aube, en Champagne, pour y semer le désir du ciel.

Mesnil-Saint-Loup, ce modeste village où l'on vit pauvrement au XIXe siècle, sera son horizon. Devenu prêtre en 1849, il en sera le curé jusqu'à sa mort en 1903.

Cherchant à réveiller la foi parmi ses paroissiens, il les met à l'école de la Vierge Marie, la croyante : « Notre-Dame de la Sainte-Espérance, convertissez-nous », tel est le motif qui inspire son programme de ressourcement.

Le monastère et ses jardins

« Notre-Dame de la Sainte-Espérance,
convertissez-nous. »

Prière du Père Emmanuel

La fondation

C'est tout son être qu'il engage dans ce mouvement de conversion, à travers la fondation, au cœur de sa paroisse, d'une communauté monastique bénédictine (1864). Il accomplit ainsi son « idée du moine », intuition reçue dans sa jeunesse.

Avec quelques compagnons, il édifie, à côté de l'église paroissiale, un petit monastère, affilié en 1886 à la Congrégation bénédictine des olivétains.

Dispersée par la loi contre les religieux en 1901, la communauté devra attendre des jours meilleurs — après la Première Guerre — pour se reconstituer, sous la conduite du plus proche disciple du père Emmanuel, dom Bernard Maréchaux († 1927).

Le cloître du monastère

Et les Olivétains ?

En Italie, au XIVe siècle, dans la région de Sienne, apparaît une nouvelle famille bénédictine, qui a pour trait original de se concevoir comme un unique monastère présent en divers lieux.

Appelés olivétains en raison du nom du monastère-source (Monte Oliveto Maggiore), les moines portent l'habit blanc, qui les distingue des autres bénédictins, vêtus de noir.

La « Congrégation bénédictine de Sainte-Marie de Mont-Olivet », d'abord cantonnée à l'Italie, compte aujourd'hui dix-neuf monastères dans huit pays : Italie, France, Royaume-Uni, États-Unis, Brésil, Guatemala, Corée du Sud, Israël.

Les jardins du monastère

« Qu'ils préfèrent le Christ à toutes choses. »

Règle de saint Benoît, ch. 72

Saint Benoît…

…et nous.